
www.perte-poids-minceur.com - Le Docteur Jocelyne RAISON analyse les effets du tabac sur le régime alimentaire et les effets " prise de poids" qui suivent souvent la décision d'arrêter de fumer. On trouve dans son article des éléments de première importance qui montrent combien l'accompagnement d'un coach en bien-être s'avère souhaitable pour qui décide d'arrêter de fumer.
La récente loi d’interdiction de fumer dans les lieux publics incitera certainement certains à arrêter de fumer ; la prise de poids est souvent redoutée et tend plutôt à diminuer la motivation à l’arrêt. Les mécanismes de cette prise de poids sont bien connus. Un accompagnement nutritionnel organisé dès le moment où est décidé l’arrêt du tabac peut vraiment limiter les variations de poids ou de comportement alimentaire. Le tabac fait artificiellement baisser le poids des fumeurs en diminuant l’appétit et en accélérant le métabolisme, donc la dépense d’énergie. A l’arrêt du tabac, ces 2 effets disparaissent et l’ancien fumeur retourne au poids normal d’un non-fumeur de son âge et de son sexe, augmenté en moyenne de 3 kg chez les hommes et de 4 kgs chez les femmes. Cette prise de poids ne concerne que deux fumeurs sur trois et est d’autant plus grande que la consommation de cigarettes était importante.
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La nicotine favorise la lipolyse, la dégradation des graisses, et diminue la lipogénèse, le processus métabolique qui consiste à fabriquer et à stocker de la graisse sous forme de triglycérides dans les cellules graisseuses. Elle augmente la dépense énergétique générale : 20 cigarettes par jour engendrent une dépense de 200 calories en moyenne. Pour une même action, le corps du fumeur va brûler plus. La nicotine diminue la sensation de faim en réduisant les contractions de l’estomac et en élevant rapidement la glycémie. Le niveau d’insuline, l’hormone qui fait entrer le glucose dans les cellules et favorise son stockage, est abaissé.
L’alimentation du fumeur est différente de celle d’un non-fumeur.
Le régime alimentaire est généralement riche en graisses saturées et en sel, et pauvre en fibres et en micronutriments. Souffrant d’une perte du goût et de l’odorat, le fumeur aime les viandes rouges, les plats en sauce, la charcuterie, le pain blanc, les frites. Il consomme deux fois plus de sel qu’un non-fumeur. Le fumeur mange peu de légumes et de fruits qu’il trouve sans saveur. Le fumeur est également un consommateur de boissons alcoolisées. Enfin, le fumeur consomme plus de café et de thé qu’il sucre davantage. Tous ces choix alimentaires augmentent l’effet nocif des composants de la fumée sur les risques de maladies cardiovasculaires et de cancers.
La diminution de la dépense énergétique induite par la nicotine explique environ 40% de la prise de poids. Les 60% restants proviennent de l’augmentation de la prise alimentaire. Le stockage des graisses augmente puisque la sécrétion de l’insuline s’accroît. L’arrêt du tabac entraine une augmentation du nombre et du volume des prises alimentaires. Les fingales fréquentes s’accompagnent de compulsions sucrées provoquées par l’élévation de l’insuline. Les portions de repas sont plus grandes, le grignotage s’installe à chaque envie de cigarette, accentué par l’usage retrouvé, quelques semaines après l’arrêt du tabac, du goût et de l’odeur. Ces sensations de plaisir retrouvées stimulent l’appétit chez presque tous les anciens fumeurs. A l’arrêt du tabac, la diminution des dépenses énergétiques due à la nicotine est estimée à 200 calories par jour chez une personne modérément active. Quant à l’augmentation de la prise alimentaire, elle se situe autours de 300 calories. C’est donc contre un excédant quotidien de 500 calories que l’abstinent va devoir lutter. La prise de poids est progressive dans les mois qui suivent sur une durée d’environ 1 an. Elle est aussi influencée par l’âge, (après 50 ans, la prise de poids est plus forte), la ménopause, les habitudes alimentaires, l’activité physique, les médicaments, etc. La prise énergétique spontanée au cours des deux premières semaines de sevrage donne une bonne indication sur le nombre de kilos en plus à attendre. Selon les cas, le médecin conseillera d’augmenter son activité physique (1/2 h de marche/j) et aidera le sujet à changer progressivement les habitudes alimentaires vers un régime plus équilibré et plus diversifié, notamment en consommant plus de fruits et de légumes. Une consultation diététique peut être utile pour un apprentissage des modes culinaires créatifs et allégés en graisse. Un soutien comportement est souvent souhaitable si les prises alimentaires entre les repas sont fréquentes et difficiles à contrôler.
Boisson énergisante et amincissement.
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